| |||||||||||||||||||||||||||
|
Thèmes
|
AccueilMédicalAnesthésie-Réanimation-UrgenceAnesthésie Intubation. De l'oxygénation à l'intubation difficile
Beaucoup d’ouvrages se sont intéressés au contrôle des voies aériennes! Cet ouvrage a été rédigé par des anesthésistes-réanimateurs et urgentistes, référents «intubation difficile» dans leur région (CHRU Lille, 59). Ils sont fortement impliqués en clinique mais aussi reconnus pour leur enseignement. Ensemble, ils abordent avec un soin particulier, notamment dans l'iconographie : -les rappels anatomiques et physiologiques, -le contrôle des voies aériennes appliquées aux techniques de ventilation et d'intubation endotrachéale dans les conditions normales, -les signes cliniques prédictifs d'une ventilation et d'une intubation difficile, -les différentes techniques pour faire face aux difficultés, -l'extubation. Ce petit livre de poche, manuel du quotidien, expose techniques et stratégies permettant de faire face à des situations délicates. Véritable guide pratique, il sera de la plus grande utilité à ses lecteurs, mais aussi et surtout à leurs patients!
Ch. Erb
, H. Menu
, E. Wiel
Interview des auteurs à l’occasion de la parution de l’ouvrage
Dès les premières pages, vous admettez qu’il existe de nombreuses publications sur ce sujet des voies aériennes : quelles sont les spécificités de votre ouvrage? L’ouvrage ici proposé est sous format «poche», pratique au quotidien pour chaque praticien junior ou senior. Ce format permet une accessibilité et une disponibilité directes en cas de situation d’intubation difficile. Par ailleurs, il propose des algorithmes réalistes en privilégiant quelques techniques et matériels, aussi faciles de lecture que de mise en application en live grâce aux onglets permettant un repérage rapide des différentes étapes. Vous faites la part belle au matériel et à la technique : sont-ils les garants primordiaux du succès? Le 100% n’existe pas dans l’art de la médecine, mais les algorithmes proposés, fondés sur la «vraie vie» et la conférence d’experts, permettent de dégager de grandes lignes de mise en application soit de techniques soit de matériels face à une intubation difficile. Par ailleurs, le format pédagogique et didactique permet un «déroulé» en cas d’échec d’une technique et la progression «étape par étape» autorise un raisonnement pragmatique permettant de faire face à une situation d’intubation difficile.
Qu’est ce que l’«intubation difficile»? Quels en sont les principaux signes prédictifs? Une intubation est dite difficile si elle nécessite plus de 2 laryngoscopies et/ou la mise en œuvre d’une technique alternative après optimisation de la position de la tête (position amendée de Jackson) avec ou sans manipulation laryngée externe (BURP, à ne pas confondre avec la manœuvre de Sellick). Chez l’adulte, les signes prédictifs sont: les antécédents d’intubation difficile, une ouverture de bouche inférieure à 3,5 cm, une distance thyro-mentale (lorsque la manœuvre d’extension cervicale est possible) inférieure à 6 cm et un score de Mallampati III ou IV. Il existe des pathologies qui augmentent le risque d’intubation difficile : IMC > 35 kg/m², syndrome d’apnées obstructives du sommeil avec un tour de cou > 45,6 cm, une pathologie cervico-faciale et l’état pré-éclamptique. Le test de morsure de lèvre supérieure (test de Calder en 3 grades) est particulièrement intéressant car il prend en compte la mobilité du maxillaire inférieur et la notion de rétrognatisme (longueur de la branche horizontale du maxillaire inférieur). Il faut aussi signaler que ces critères doivent être recherchés dans la mesure du possible en situation d’urgence, mais qu’ils sont mal adaptés à ce contexte. Il faudra particulièrement prendre garde aux traumatismes cervico-faciaux, à l’existence d’une pathologie ORL (cervico-faciale ou oro-pharyngo-laryngée) et à la présence de brûlures faciales. Chez l’enfant, la classification de Mallampati n’est pas validée (pour mémoire, nous rappelons que la manœuvre peut être réalisée dès l’âge de 4 ans). Les signes prédictifs d’une intubation difficile chez l’enfant sont : l’existence d’une dysmorphie faciale (attention particulièrement aux anomalies non traumatiques du pavillon de l’oreille), une distance thyro-mentale < 15 mm chez le nouveau-né, < 25 mm chez le nourrisson et < 35 mm chez l’enfant de moins de 10 ans, une ouverture de bouche inférieure à 3 travers de doigts de l’enfant et un ronflement nocturne avec ou sans syndrome d’apnées obstructives du sommeil. Vous avez souhaité dissocier patient adulte et jeune enfant: quelles sont les particularités de la prise en charge pédiatrique ? Les particularités pédiatriques sont liées à la physiologie respiratoire et à l’anatomie de la filière laryngo-trachéale de l’enfant, bien différentes de celles l’adulte (comme précisé dans le livre) mais aussi liées au matériel qui doit être adapté à l’enfant ; certains matériels ne sont pas disponibles au format pédiatrique (par exemple le Fastrach). Par ailleurs, la fréquence de l’intubation difficile est plus rare chez l’enfant que chez l’adulte, ce qui en fait une situation encore plus à risque.
Anesthésistes-réanimateurs, urgentistes, IADE: à qui destinez-vous le livre? Cet ouvrage s’adresse, d’une part, aux médecins (urgentistes, anesthésistes-réanimateurs, réanimateurs…), qu’ils soient juniors ou seniors, confrontés à une procédure de contrôle des voies aériennes et, d’autre part, aux paramédicaux qui assistent à cette prise en charge médicale ; certaines techniques exigent de l’opérateur mais également de ces assistants la connaissance du geste et du raisonnement clinique (déroulé des algorithmes décisionnels).
Propos recueillis par Emmanuelle Lionnet, février 2012. Nous vous conseillons également
|
Panier
Votre panier est vide.
|
|||||||||||||||||||||||||
| |||||||||||||||||||||||||||