Les passions sont des expressions fortes, massives, de pulsions intrapsychiques élémentaires, pulsions qui se trouvent elles-mêmes renforcées et magnifiées par des phénomènes collectifs.
Les causes du débordement sont multiples mais au premier rang de celles-ci se trouve la répression. Celle-ci est soit externe (poids de la famille, de la société, des traditions, des préjugés), soit interne ou intériorisée, au sein de la structure psychique. Les passions peuvent « se prendre en masse », s’émulsionner dans un groupe ou dans une foule. Elles changent alors de nature. Les lois du psychisme interne qui s’appliquaient à l’individu ne sont pas directement transposables, même s’il y a des zones de recoupement.
Ce nouveau titre de la collection "Thématiques en Santé Mentale" propose de ne plus passer au large de ces mouvements d’humeur irrépressibles, forces aux Charybde des sentiments, aux Scylla des émotions, aux sirènes de l’emballement et de la séduction!
Cet essai prend les passions comme objet d’étude : les hypothèses s’appuient sur une théorisation différente, les méthodes d’observation, les méthodologies de recherche sont différentes. En particulier, l’on sait bien que l’observateur participe de l’observation et que son implication personnelle, ses fantasmes, ses projections, ses associations d’idées sont partie prenante des résultats et des conclusions de l’observation. Dans cette réflexion sur les articulations entre individuel (moi) et collectif (nous), à partir de mouvements psychiques forts et donc démonstratifs, il y a du "Je". Simon-Daniel Kipman, se prenant parfois pour modèle, s'attache à explorer les passions, en plaçant le "Je" du patient et de l'être au cœur de son propos.
Format
15x21cm
Lien sur auteur 1
Simon-Daniel Kipman
Nombre de pages
120
ISBN
978 2 7040 1307 4
Type de produit
Livre
Date de parution
Février 2011
Langue
Français
Editeur
Doin
Collection
Thématiques en santé mentale
Référence du produit
WO2805
S.-D. Kipman
Extrait :
"Quant au normal et au pathologique, si l’on s’en tient aux débordements de joie, certains sont compréhensibles : on peut se retrouver, s’identifier ou se projeter dans la personne joyeuse. D’autres joies manifestes ou manifestées le sont moins. Pourquoi ? Parce qu’elles sont fausses, mimées, et qu’elles sont une sorte de retournement en son contraire de déceptions et de tristesse. Une fois de plus, ce n’est pas le sens (positif ou négatif, admis ou repoussé) qui compte, c’est sa force. Les deuils maniaques, les fous rires incontrôlables ont la même valeur, même s’ils se manifestent de manière incongrue… (Descartes avait-il eu l’intuition de cela ?). Le maniaque est certes allègre, mais son "allegro" comportemental est sans doute davantage lié à la fuite des idées, à leur fugacité qui entraîne des enthousiasmes eux-mêmes explosifs et de courte durée. D’ailleurs, sa tonalité générale est souvent plus agressive que joyeuse.
Le maniaque est allègre car il va vite, "allegro". Tout cela a l’air sautillant et jubilatoire mais, si l’on creuse un tant soit peu, la tension, la violence sont perceptibles. S’il y a de la passion lors des épisodes maniaques, il ne s’agit pas d’allégresse (même si les maniaco-dépressifs peuvent regretter le plaisir à fonctionner des épisodes maniaques lors des mouvements dépressifs) mais d’une passion plus sombre, du côté de la haine/persécution et de la toute-puissance. Quelque chose comme "vaincre et mourir", représentant les alternances maniaques et dépressives.
L’allégresse est parfois recherchée par des exercices physiques : pratiques sectaires ou ivresse du marathonien. Elle peut aussi être une des mauvaises raisons de se livrer à l’usage des drogues. Mais elle peut virer à une sorte de bêtise euphorique qui renvoie aux lésions ou troubles de la fonction frontale."
"L'élaboration en 1991 de critères opérationnels permettant de définir la guérison d'un état dépressif a conduit à l'accumulation de données susceptibles de répondre à des questions très importantes, telles que ...